Dans la moitié des cas, la parodontite est chronique, elle évolue lentement et souvent à bas-bruit. Le premier symptôme visible est un saignement de la gencive. « Une gencive qui saigne, ce n’est pas normal. Il faut absolument avoir le réflexe d’aller consulter son chirurgien-dentiste », conseille Christian Verner.

En l’absence de soins, d’autres symptômes apparaissent petit à petit, pas toujours perçus par les patients. « La gencive descend le long de la dent, puis l’espace entre les dents s’agrandit, la dent devient mobile et commence à se déplacer », décrit le dentiste. Le processus de destruction du parodonte s’accompagne généralement d’une mauvaise haleine et d’un mauvais goût dans la bouche, deux signes qui doivent alerter s’ils sont constants. Enfin, la parodontite finit par provoquer un déchaussement de la dent, et, dans le pire des cas, une perte de la dent.
Heureusement, ce processus prend généralement du temps et peut être interrompu et stabilisé par des soins appropriés. Il arrive néanmoins, dans environ 20 % des cas, que la parodontite adopte une forme agressive et évolue rapidement : « Cela survient plutôt chez des personnes jeunes, âgées de moins de 30 ans, qui ont du mal à se défendre contre certaines formes de bactéries et/ou qui présentent un environnement favorable (grosse baisse de l’immunité due à une maladie ou un gros choc émotionnel par exemple) », indique Christian Verner.
Parodontite: Les Traitements Pour Stopper L’evolution De La Maladie
« L’objectif de la prise en charge de la parodontite est d’arrêter sa progression et de la stabiliser dans le temps. Et quand c’est possible, on essaie de restructurer le tissu de soutien ».
La base du traitement de la parodontite est de « retrouver une bonne hygiène buccodentaire et adaptée à la situation », explique le chirurgien-dentiste. Pour cela, il faut utiliser une brosse à dents, manuelle ou électrique, avec des poils souples et, surtout, adopter une méthode de brossage efficace pour déloger les bactéries. L’utilisation de brossettes interdentaires complète le brossage en s’attaquant à la plaque interdentaire et donc aux bactéries susceptibles de provoquer une parodontite. Des bains de bouche et des dentifrices ciblés peuvent également être prescrits.
Bien qu’elle soit d’origine bactérienne, la parodontite ne requiert pas nécessairement l’usage d’antibiotiques. « Les antibiotiques sont utiles en cas de parodontite agressive mais pas dans les formes chroniques. Dans ces cas, on cherche plutôt à détruire les foyers bactériens par un détartrage complet de la bouche et par un surfaçage », explique Christian Verner. Le surfaçage est un acte technique réalisé sous anesthésie locale, qui vise à éliminer le tartre sous-gingival, dans la zone où le tissu osseux est détruit, et à déloger les bactéries accrochées à la racine de la dent mise à nue suite à la perte osseuse.

Si ce traitement s’avère insuffisant, il peut être nécessaire d’avoir recours à la chirurgie pour nettoyer en profondeur la racine de la dent et, si possible, recréer du tissu de soutien. Le chirurgien, généralement un spécialiste (un parodontiste), doit ouvrir la gencive pour nettoyer les endroits difficiles à atteindre et rajouter de l’os si la perte est importante. « Il ne faut pas redouter cet acte ; si l’indication existe, il est parfaitement maîtrisé et peu douloureux », rassure Christian Verner. L’intervention est réalisée sous anesthésie locale, la douleur est soulagée par des antalgiques.
Quelle que soit la prise en charge, des visites de contrôle régulières (3-4 fois par an) permettent de vérifier la bonne évolution du traitement.